Commentaires relatif à la consultation de l’agence d’évaluation d’impact du Canada

Numéro de référence
12
Texte

1 )  Comme organisme en environnement, nous avons fait part de nos commentaires à la société portuaire lors d’une rencontre en novembre 2024.  En février 2022, nous avions indiqué  lors de la consultation du Ministère de l’Environnement et de la Lutte aux Changements Climatiques du Québec, ce que nous souhaitions retrouver dans une étude d’impact. Bien que la société portuaire ait ou avait déjà intégré de ces préoccupations, nous rappelons pour votre information que principalement, nous demandions :     

 Une caractérisation biologique du secteur d'intervention et du secteur affecté par le panache de sédiments devant  être faite avec les plus hauts standards.

Une évaluation précise des sols contaminés présents pour être en mesure de comparer après les travaux de construction et de draguage.

Une prudence  requise concernant les sols autour des oléoducs désafectés.

 Voir à réduire les parties à draguer dans le port. Scénarios alternatifs à évaluer versus le draguage prévu initialement.

Mesures pour contrôler le bruit pour éviter d'affecter la faune aquatique et choix des périodes d'intervention en fonction de la faune aquatique présente autour du secteur d'intervention.

Mesures à prévoir pour que le panache de diffusion n'affecte pas la faune aquatique.

Préciser les mesures d'atténuation possibles sur les impacts.

Tenter de prévenir le draguage récurrent et ses impacts . Voir si les travaux de draguage peuvent être fait de façon que la récurrence possible des travaux soit très éloignée dans le temps.

Évaluer si l'activité portuaire a un impact sur la contamination des sédiments.

Que les sédiments remis en circulation n'affectent pas la vie marine.

Valider que cela n'a pas d'impact sur l'embouchure de la rivière Matane, par exemple, accumulation de sédiments et/ou modification de la granulométrie  au vieux port où dans la Baie qui sont environ à 3.5 km des travaux.

Que le panache de diffusion des sédiments contaminés ou non, ou encore les travaux n'affectent pas le saumon en route ou dans la rivière Matane.

Bien évaluer l'impact sur la faune benthique et pélagique et la flore du territoire couvert,  par des opérations de draguage.

Comme on indique dans l'avis de projet un dépassement des normes pour les concentrations d'effets occasionnels des sédiments, une stratégie particulière devra être élaborée pour tenir compte de cette contrainte.

Les déchets de dragage doivent bénéficier de la meilleure gestion environnementale possible. Le promoteur doit développer là dessus.

Élaborer sur la meilleure méthode de suivi pour  le panache de sédiments. 

20,500 m3 de sédiments contaminés à draguer sont prévus. Un plan alternatif peut il être élaboré pour en diminuer l'impact ?

 

2)  En décembre 2024, nous avons fait part d’une préoccupation particulière suite à la rencontre du 26 novembre 2024 ,où on nous a indiqué qu’il y allait y avoir un suivi de la faune benthique au site d’immersion et un peu au site de draguage.

Concernant la recolonisation par la faune benthique au site, la coordonnatrice en environnement du projet indiquait que suite aux dragages précédents, la caractérisation biologique avait démontré cette recolonisation dans le havre et aussi au site d’immersion. Elle s’attendait à ce que ce soit recolonisé suite à aux travaux.

Cependant, le chargé de projet a indiqué plus tard qu’environ 15,000 m³ avaient été dragués la dernière fois. Sachant que cette fois-ci, c’est environ 175,000 m³ composé d’environ 170,000 m³ de sédiments allant au site d’immersion et de 5,000 m³ contaminés et récupérés sur la terre ferme qui seraient dragués, peut-on vraiment se baser sur l’historique du dragage précédent pour affirmer qu’il y aura recolonisation naturelle sans mesures particulières alors que la quantité draguée sera de 11 à 12 fois supérieure à l’ancien dragage ? Faudrait-il prévoir sinon des mesures particulières ?  On ne peut , nous croyons, étant donné la quantité, se baser sur l’historique de dragage précédent pour affirmer qu’il y aura recolonisation aux deux sites. Nous avons des doutes dû àl’importante quantité qui sera draguée.

Sur combien de temps seront disposés les 170,000 m³. L’impact serait moindre si c’est réparti sur deux automnes ou en d’autres étapes pour étaler dans le temps.

La modélisation du panache de dispersion qui sera réalisé pourrait, pour sa part, donner une appréciation de la quantité des sédiments qui resteront au fond et sur quelle distance. Sinon, le suivi de la faune benthique sera très important. Cependant, un suivi effectué après les travaux ne permet pas d’éviter l’impact.

Il faudrait donc prévoir des mesures d’atténuations particulières. D’autant, si les 170,000 m³ sont rejetés dans la même période ( sur un automne, par exemple). Une possibilité pourrait être qu’une partie de ces sédiments non contaminés soient gérés en milieu terrestre.

 

La Société Portuaire du Bas-St-Laurent et de la Gaspésie nous a indiqué qu’elle tiendrait compte de ce commentaire dans l’étude d’impact soumise à Québec.

 

 

3)   Nous appuyons également les commentaires du comité ZIP du Sud de l’Estuaire, à savoir qu’une caractérisation plus fine du site de rejet et une gestion plus précautionneuse du panache turbide sont recommandés car le draguage et le rejet en eau libre des sédiments peuvent effectivement entraîner une augmentation des matières en suspension, une perturbation des habitats benthiques et un risque de dispersion de contaminants.

La limitation de la vitesse des barges et un programme de surveillance acoustique renforcé est nécessaire  pour éviter le dérangement, la collision ou le déplacement d’habitat des mammifères marins.

Les travaux devraient éviter la saison de nidification et intégrer des mesures anti-éblouissement pour éviter de perturber les espèces aviaires sensibles.

Le draguage, les matières en suspension et l’empiètement des nouvelles installations vont affecter entre autres le capelan , l’éperlan , le crabe et le homard. Un calendrier de travaux respectant les périodes biologiques (ex. : fraie du capelan) est nécessaire.

Une étude élaborée de la dynamique côtière et des  risques d’érosion est souhaitable compte tenu du rehaussement des brises-lames et des travaux d’infrastructure qui pourraient modifier l’agitation du havre, la dynamique des glaces et aller jusqu’à augmenter l’érosion côtière à Matane-sur-Mer.

Pour l’acceptabilité sociale du projet dans son voisinage, le respect d’horaires pour les travaux, la réduction du bruit et la gestion du transport sont des éléments essentiels sur lesquels, l’accent doit être mis.

 

4) D’autre part, nous partageons des préoccupations du conseil régional de l’environnement du Bas-St-Laurent, à savoir que :

a) On vise un projet d’agrandissement aussi  mais nulle part, on évalue l’impact de l’augmentation du trafic maritime  sur la faune et le rorqual bleu qui a une aire d’alimentation à proximité. On vise une croissance avec les nouvelles installations .ll faudrait faire cette réflexion avant.

 

b) Il n’y a pas d’analyse par rapport à la dispersion des sédiments, le panache de dispersion. Il ne semble pas y avoir d’étude de modélisation hydro sédimentaire présentée.  Cette étude pourrait démontrer la pertinence ou pas de mesure d’atténuation proposée par la société portuaire comme un filet pour les matières en suspension.  

 

c) Concernant les risques côtiers et le prolongement du quai commercial, on ne sait pas quels sont les effets, s’il y a lieu de ce prolongement sur la côte et le littoral. Il n’y a pas dans les documents consultés d’information ou d’analyse qui viendrait expliquer quels sont les effets au niveau de la dynamique ou la dérive du littoral, de la dynamique sédimentaire du prolongement du quai.

 

5)    Enfin, nous rajouterons que lors de nos échanges et aussi lors des diverses actions reliées à ce dossier qu’elle a effectuée, nous trouvons l’équipe de la société portuaire très professionnelle et  nous sentons qu’elle peut s’ajuster aux commentaires environnementaux pertinents sur ce projet.  Un projet que comme membre de l’alliance verte, elle devrait mener, nous le souhaitons avec des standards environnementaux élevés, intégrant les préoccupations et demandes.

 

 

Présenté par
Groupe environnemental Uni-Vert de la Matanie
Phase
Planification
Avis public
Avis public - Période de consultation publique sur le résumé de la description de projet
Pièce(s) jointe(s)
S.O.
Date et heure de soumission
2025-12-10 22 h 17
Date de modification :