Projet de reconfiguration de l'autoroute Bonaventure
Avis de prise de décision - 2025-08-22
Une analyse réalisée par Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) a permis de déterminer que le projet de reconfiguration de l'autoroute Bonaventure en boulevard n'est pas susceptible de causer des effets négatifs importants sur l'environnement.
Cette détermination repose sur les facteurs suivants :
- les répercussions sur les droits des peuples autochtones ;
- les connaissances autochtones ;
- les connaissances communautaires ;
- les commentaires reçus du public ;
- les mesures d'atténuation réalisables sur les plans techniques et économiques.
Des mesures d'atténuation efficaces sont prévues pour chacun des impacts potentiels sur l'environnement. Le projet prévoit un ensemble de mesures de protection du milieu naturel, de la faune et de la flore, des mesures de contrôle des nuisances, des mesures de gestion des sols contaminés, des eaux usées, ainsi que des matières dangereuses et résiduelles. Voici quelques exemples des mesures d'atténuation les plus importantes développées spécifiquement pour les besoins de ce projet :
- Activités de chantier : l'entrepreneur doit organiser les activités du chantier de façon à réduire les déplacements des véhicules et de la machinerie et ainsi minimiser leur impact sur l'environnement. Par exemple, il lui est exigé de planifier l'horaire des travaux et la signalisation en tenant compte des heures de pointe quotidiennes et des périodes estivales et minimiser l'effet du projet sur la circulation en général.
- Climat sonore : lorsque les émissions de bruit d'une intensité de 75 dBA et plus sont susceptibles d'être entendues dans une zone sensible, l'entrepreneur doit évaluer, via un programme de contrôle du bruit, les émissions de bruit qui seront émises, et, s'il y a lieu, mettre en place les mesures d'atténuation qui s'imposent. L'entrepreneur doit également utiliser des équipements munis de dispositifs visant à réduire le bruit, tels que des silencieux et des écrans temporaires.
- Vibrations : l'entrepreneur doit prendre les moyens requis afin de réduire les vibrations pouvant être transmises aux bâtiments avoisinants.
- Site de gestion des déblais : un site de gestion des déblais incluant une aire de ségrégation, de caractérisation et d'entreposage temporaire des sols sera aménagé dans le cadre du projet, afin de favoriser la réutilisation des sols. Des fossés de drainage doivent être aménagés dès le début des travaux afin de collecter les eaux de surface sur le site tout comme un système de traitement des eaux de ruissellement sur le site. L'entrepreneur doit recouvrir les talus et le fond des fossés à l'aide d'une géomembrane. L'entrepreneur doit bâcher tous les déblais de sols classés au-delà du critère C et les matières dangereuses entreposés sur le site de gestion des déblais à la fin de chaque journée de travail avant d'être obligatoirement gérés hors site. Il doit en outre effectuer une caractérisation des sols provenant des zones susceptibles de contenir des fragments d'espèces végétales exotiques envahissantes (EVEE).
- Gestion des eaux de ruissellement : les aires de chantier (nivelage et reprofilage des sols) doivent être aménagées de manière à récupérer et diriger de façon gravitaire l'ensemble des eaux de ruissellement et de lixiviation vers les ouvrages de drainage, de mitigation et de traitement. L'entrepreneur doit traiter les eaux de ruissellement et de lixiviation récupérées et rejetées au fleuve Saint-Laurent par des mesures de mitigation ou de traitement aménagées sur le site de gestion des déblais. Les mesures incluent notamment :
- fossés à redents et bermes filtrantes avec trappes à sédiments;
- bassin de traitement par sédimentation;
- suivi de la qualité de l'eau pour respecter les objectifs de rejet au fleuve estimés à partir des Recommandations canadiennes pour la qualité des eaux pour la protection de la vie aquatique.
- Gestion des débris : Tout au long des travaux en milieu urbanisé, l'entrepreneur doit nettoyer quotidiennement les rues empruntées par les véhicules et la machinerie afin d'y enlever toute accumulation de matériaux meubles et autres débris. Il doit aménager une aire de nettoyage des pneus de camions et des équipements d'excavation. L'entrepreneur doit également installer les barrières à sédiments temporaires aux endroits où des particules de sol en érosion sont susceptibles de ruisseler à l'extérieur des secteurs de terrassement. L'objectif étant d'éviter l'apport de sédiments dans le réseau municipal, les fossés, les cours d'eau et, le cas échéant, sur le périmètre des aires d'entreposage temporaires ou de rebuts situées à proximité d'un cours d'eau et à tout autre endroit demandé par l'ingénieur. L'entrepreneur doit installer des bâches de protection étanches sur les réserves de matériaux ou résidus de déblais non consolidés tels que le sable et la terre, qu'ils soient temporaires ou non.
- Gestion des eaux souterraines : l'entrepreneur doit assurer un suivi de la qualité de l'eau souterraine et s'assurer de l'intégrité du système de confinement, de l'écran d'étanchéité, des puits de pompage de l'eau souterraine et des HPF et de la station de traitement.
- Protection de la flore : la flore sur la rive du fleuve Saint-Laurent ne doit pas être enlevée ou endommagée. Tous les éléments formant l'habitat naturel de la rive doivent être protégés afin de préserver leur valeur écologique. Éviter que les sols réutilisés pour les remblais ne proviennent de zones où des EVEE ont été répertoriées par le passé. Si les sols réutilisés proviennent de zones où des EVEE ont été répertoriées, prévoir un plan de gestion de ces sols selon l'espèce, son mode de propagation et son niveau de risque de propagation.
- Protection de la faune : de façon générale, l'entrepreneur doit éviter de réaliser des travaux pouvant mener à la destruction ou au dérangement de nids lors de la période de nidification des oiseaux migrateurs. Si du déboisement, du défrichage ou du décapage s'avèrent nécessaires en phase de construction, l'entrepreneur doit procéder à l'enlèvement de la végétation dans la zone des travaux en automne ou en hiver afin d'éviter la période de nidification des oiseaux qui est comprise entre le 1er avril et le 30 août. S'il s'avère impossible de respecter les périodes de restriction proposées, l'entrepreneur doit faire inspecter les lieux par un biologiste avant de procéder aux travaux de déboisement, de défrichage ou de décapage afin d'éviter la destruction de nids d'oiseaux migrateurs. Lors du reboisement, utiliser des plantes indigènes au Québec et diversifier les espèces plantées. Lors de l'aménagement des zones végétalisées prévu en bordure de l'autoroute Bonaventure, l'entrepreneur doit mettre en place des aménagements favorisant l'herpétofaune et la faune en général qui utilisent le littoral. Enfin, plusieurs exigences mesures de protection particulières sont également prévues pour la couleuvre brune et la tortue. Celles-ci comprennent notamment la mise en œuvre d'un programme de relocalisation et de réintroduction ainsi que le suivi des populations pendant la phase d'exploitation afin d'avoir une meilleure idée de l'état des populations et de mieux mesurer l'impact du projet sur ces populations et leur habitat.
Par ailleurs, ayant été utilisé pendant 100 ans, soit jusqu'en 1966, comme site d'enfouissement des déchets industriels et domestiques, ce secteur présente des problèmes de contamination. Ainsi, afin d'optimiser la gestion environnementale du secteur, PJCCI a développé une stratégie de gestion des risques basée sur différentes mesures d'interventions environnementales qui permettra d'assurer la santé et la sécurité des usagers et de la faune. Cette stratégie est fondée sur les éléments suivants :
- Confinement des sols contaminés - recouvrement par un minimum de 50 cm de sols propres (critère Parc du CCME) et mise en place de géotextile ou des infrastructures permanentes.
- Captage des biogaz.
- Mise en place d'un système de confinement, de pompage et de traitement des eaux souterraines contaminées.
- Protection et maintien du système de confinement et captage des hydrocarbures en phase flottante.
- Stabilisation des sols et des talus.
- Sélection de végétaux à racine peu profonde et sans partie comestible.
- Fosse de plantation pour les arbres à racines profondes.
- Programme pour la protection des travailleurs.
Le projet est aligné avec la Stratégie fédérale de développement durable qui vise à favoriser les déplacements actifs et à rapprocher les Canadiens de la nature. De plus, la reconstruction des ouvrages de drainage de l'autoroute Bonaventure permettra d'augmenter la résilience des infrastructures aux changements climatiques.
Le projet prévoit la mise en place d'un nouveau système de confinement des eaux souterraines contaminées qui aura un impact positif important sur cette composante et sur la qualité des eaux de surfaces (fleuve) durant la phase d'exploitation du boulevard urbain.
La végétalisation et l'aménagement de micro-habitats pour la couleuvre brune devraient permettre à cette espèce d'augmenter sa présence sur le site et l'augmentation de l'indice de canopée permettra entre autres de diminuer les îlots de chaleur durant l'été en rafraîchissant l'air, de diminuer la pollution de l'air, d'atténuer les phénomènes météo comme le vent, de mieux gérer les eaux de pluie, puis d'améliorer la qualité du sol en le stabilisant et en limitant l'érosion.
Les effets résiduels et les effets cumulatifs ont été pris en compte dans le cadre de la présente analyse. Grâce à la mise en œuvre des mesures d'atténuation, ainsi que des programmes de surveillance et de suivi environnementaux, ce projet n'est pas susceptible de causer des effets négatifs importants sur l'environnement. De plus, PJCCI a mandaté une firme spécialisée en surveillance de travaux en vue d'effectuer la surveillance en continu des travaux et de s'assurer du respect des mesures d'atténuation prévues.
Par conséquent, PJCCI ira de l'avant et permettra au projet d'être réalisé, en tout ou en partie.
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